Double affiche irlandaise au Trabendo en ce vendredi soir pour deux formations ayant ont sorti toutes deux leur dernier album à l'automne dernier.
The Altered Hours est un groupe encore malheureusement peu connu dans l'Hexagone. Malheureusement car le combo a déjà sorti trois albums qui valent chacun le détour. Leur dernier opus au titre éponyme sonnait quelque part entre rock alternatif 90's à la Sonic Youth et Pixies et influences post-punk et dream pop. Un mélange audacieux et ambitieux mais au final fort réussi. Sur scène cela donne quelque chose de fort intéressant. Les guitares sont bien mises en avant et les voix s'y mêlent avec brio et élégance. Le public se laisse, au fur et à mesure que le show avance, séduire par la musique du groupe de Cork. Il faut dire que le set du quintet est maîtrisé à la perfection, débutant par des titres plutôt mid-tempo pour finir par des morceaux bien plus nerveux avec
Radiant Wound et
Special Things pour le final. Un concert de très grande qualité que l'on aurait aimé plus long. A une prochaine en France ? On l'espère.
Just Mustard semblent apprécier de plus en plus l'Hexagone car le groupe revient à Paris à peine six mois après son dernier concert donné dans la capitale. Le groupe monte sur scène pile vingt minutes après la fin du set de The Altered Hours. Le début du concert est captivant et en entendant des morceaux comme
ENDLESS DEATHLESS,
SILVER ou encore
Seven on se dit que l'on n'avait plus entendu d'aussi bons morceaux shoegaze depuis des lustres. La réverb est bien sûr de mise comme pour tout bon groupe du genre qui se respecte mais la tournée en première partie de The Cure que le groupe a effectuée il y a peu lui fait prendre un autre virage, plus new wave celui-là.
Katie Ball possède d'ailleurs une attitude très Robert Smith, pendue à son microphone, fixant la salle au loin, extrêmement présente et absente à la fois. On apprécie particulièrement la version de
OUT OF HEAVEN chantée avec le guitariste David Noonan, comme celles de
Deaf, Pigs et
Tainded, extraits du premier album du groupe,
Wednesday, qui voit les irlandais dans un registre plus expérimental et arty.

Le combo joue tous les titres de son dernier album
WE WERE JUST HERE, un disque qui sonne clairement comme du Just Mustard mais aux sonorités plus accessibles et qui a vu le following du groupe grossir de mois en mois. Le public est tout au long du concert dans une écoute ultra attentive et le magnifique final va le voir encore plus concentré, car c'est le moment où le combo nous offre de magnifiques versions de
POLLYANNA (peut-être le meilleur titre de leur dernier album) puis de
Seed et
Still, merveilles de
Heart Under, deuxième et magnifique album du groupe.
Un très beau concert, tendu et prenant de bout en bout. On regrettera peut-être le manque de chaleur du groupe mais le style shoegaze/new wave veut sans doute cela.