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Man/Woman/Chainsaw

Paris, Point Éphémère - 17 avril 2026

Live-report par Adonis Didier

Le retour de la revanche de l'Homme/Femme/Tronçonneuse, en 4DX immersive Dolby Digital 12.8, c'est ce soir au Point Ephémère à Paris ! Man/Woman/Chainsaw, un des groupes les plus prometteurs de cette décennie du rock anglais, premier de notre top des EPs de 2024, bientôt premier de notre top des albums de 2026 maintenant que Cannonball Berry a été annoncé pour août prochain, le genre d'aventure entre potes dont rien ni personne ne semble vouloir arrêter l'ascension. Alors oui, on ne parle que d'un Point Ephémère un vendredi soir que beaucoup préféreront passer avec une canette au bord du canal Saint-Martin, mais quand la bande jouera au Stade de France, il ne faudra pas dire qu'on ne vous l'avait pas dit !

Une bande, c'est le cas de le dire, six musiciens qui tournent ensemble de front depuis trois ans, et qui chaque soir semblent un peu plus s'amuser d'être encore là comme au premier jour. Un concert ? Plutôt une fête de la musique. « on va faire la fête comme si c'était ton anniversaire » nous annonce 50 Cent dans les enceintes pendant que le sextet sort des backstages et se place dans sa configuration classique : cinq de front et Lola Cherry derrière sa batterie. Personne devant, personne derrière, tout le monde est ici de la même importance, et si tout le monde fait n'importe quoi il y en a quand même une qui le fait pour douze.


Clio Starwood, la violoniste la plus géniale d'Angleterre, avec des cases en moins et dans celles qu'il reste les fils qui se touchent, une pile électrique armée d'un archet et la fan numéro 1 de Man/Woman/Chainsaw. Clio qui, dès Only Girl, saute, danse, mime les paroles des chansons avec ou sans son violon, et qui on ne sait comment ne met pas une note à côté, avec à sa gauche un Billy Ward qui doit chaque soir se demander comment un réseau de neurones a pu par la magie de l'évolution en arriver à ce résultat. Billy Ward, guitariste et chanteur masculin du groupe qui, loin de se laisser distraire, en rajoute à la fête et nous lance dès la deuxième chanson une inédite, la surpuissante et très rock The Thing.

Car le groupe a plus que confiance en lui, et jouera sur les douze chansons du concert la coquette somme de sept inédites, toutes tirées du futur album Cannonball Berry. Une tournée qui, on le découvre alors, va servir de rodage au premier album du groupe : Canyons enchaîne par un faux calme qui vient exploser en son milieu, The Boss fait crier la foule au bon souvenir de l'EP Eazy Peazy, le groupe accélère par rapport au studio, joue plus crade, plus vrai, et maîtrise de mieux en mieux son sujet live.
On continue par deux inédites jouées depuis plus de deux ans, la délicieusement sale et lascive Goddamn, Lizard Man! et la beaucoup plus raffinée Get Up And Dance. Billy Ward au chant puis la pianiste Emmie-Mae Avery, un temps calme que la bassiste et « première » chanteuse du groupe Vera Leppänen mettra à profit pour headbanguer au milieu de la scène, arborant fièrement son t-shirt Beavis & Butt-head taille XXL, à la mesure du KEXP/Trasher tirant jusqu'aux genoux d'Emmie-Mae et à deux milles lieux du costume-cravate de leur guitariste Billy Doyle.


Mais trêve de considérations vestimentaires, l'heure est grave. Le micro scotché à l'ampli de guitare fait des siennes, ça s'active entre Billy Ward et l'ingénieur du son, mais le groupe joue, parce qu'il est là pour ça, parce qu'il aime ça, alors ça improvise, ça ressort des plans de répét' en attendant que la guitare ne revienne. Trois minutes qui débouchent sur un clap de fin, deux regards qui sous-entendent « go on enchaîne », MadDog est lâchée et fracasse la table de mixage, Adam & Steve fait hurler le public dont c'est visiblement la deuxième chanson préférée, et enfin Lighter et Something Else To Give nous teasent deux merveilles absolues.

Et si Adam & Steve était la deuxième chanson préférée du public, c'est parce que Ode To Clio est la première. Une ode à Clio qui lève les bras, violon vers le ciel quand Vera chante « une étoile de mer étendue ». Une ode lyrique à la folie, le calme avant la sublime apocalypse que chaque rang du public hurlera avec le groupe. On aurait pu s'arrêter là mais non, le groupe avait un single à présenter : Vera cède sa basse au Billy en cravate et attrape un tambourin qui traînait par là tout en annonçant « ça sort lundi ! », et si vous avez suivi l'actu vous savez de quoi on parle. Nosedive, la meilleure définition de cette bande de potes qui a monté un groupe ensemble, qui l'a appelé Man/Woman/Chainsaw parce que why not, et qui maintenant sort des chansons de six minutes où tout le monde chante et tourne sur soi-même.

Ces six potes qui auront passé leur concert à s'envoyer des regards emplis d'un fou rire complice et contagieux et qui, en cinquante minutes, n'auront même pas joué What Lucy Found There, cette bande de traîtres. Mais l'important n'est plus là, Lucy est désormais dans le passé avec des diamants, et Man/Woman/Chainsaw dans un futur qui s'annonce plus que brillant, tout simplement magnifique.
setlist
    Only Girl
    The Thing
    Canyons
    The Boss
    Goddamn, Lizard Man!
    Get Up And Dance
    MadDog
    Adam & Steve
    Lighter
    Something Else To Give
    Ode To Clio
    Nosedive
photos du concert
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