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Bleech 9:3

Paris, Supersonic Records - 11 septembre 2026

Live-report par Laetitia Mavrel

C'est la rentrée ! Oui, merci on sait me direz-vous, les cernes déjà présentes sous vos yeux fatigués. Nous n'évoquons évidemment pas le retour dans les classes des charmants bambins mais bien la rentrée musicale live chez Sound Of Violence, celle qui fait sortir à nouveau de leurs caves sombres et humides (soit les bureaux de la rédaction) les journalistes de votre media web rock favori. Et comme toute rentrée qui se respecte, elle débute sur les chapeaux de roues au Supersonic de la rue Biscornet à Paris. Et c'est en enchaînant deux chouettes concerts chez eux placés sous le signe de la jeunesse et de la tenue vestimentaire approximative, nos joyeux amis de The Orchestra (For Now) la veille au club ne démentiront pas cette affirmation, c'est le tour en ce vendredi soir de retrouver Bleech 9:3 au Supersonic Records, les dublinois taillés dans le marbre du grunge circa 1993, qui reviennent à Paris pour confirmer tout le bien que nous pensons d'eux.

Depuis leur toute première apparition au Trabendo en avril juste avant nos adorés DEADLETTER, puis au Supersonic Club juste avant un autre groupe qui a une sacrée hype parmi les plus jeunes fans de rock et dont nous parlerons plus tard dans ces même colonnes, Keo, les choses ont bien évolué pour les Irlandais. Et dans le bon sens car, ayant compris que dans ce dur métier à une époque où le succès d'un soir peut disparaître tout aussi instantanément le lendemain, Bleech 9:3 se consacrent à fond à leur musique, preuve en est les très nombreux concerts donnés cette année entre Royaume-Uni et Europe, où d'ailleurs nous les retrouvions en début d'été au This Is Not A Love Song à Nîmes, sous un ciel bleu azur des plus chatoyants. Tout aussi chatoyant que le rock débridé et jouissif de Bleech 9:3 qui jouent définitivement dans la cour des caïds de la grosse guitare et de la batterie qui fracasse.


C'est alors armé de notre équipement anti-coups que nous approchons de la rue Biscornet. Première impression aux abords de la salle une grosse demi-heure avant l'ouverture des portes : une jolie file d'attente qui atteint presque les portes de l'autre club. Un public très jeune, pas mal féminin et surtout accoutré de nombreux tee-shirts à l'effigie du logo du groupe, de quoi nous rassurer quant à l'écho obtenu par Bleech 9:3, premier EP sorti en mai dernier. On entend parler français mais surtout anglais, avec ce petit accent qui nous laisse penser que quelques compatriotes ont traversé la Manche pour venir les rejoindre ce soir à Paris.

Une fois à l'intérieur, sur fond de playlist Sound Of Violence compatible (Fontaines D.C., Cardinals, DEADLETTER, Chalk entre autres …), une ambiance très 2026 qui fait plaisir et qui rappelle que, non, le rock n'est pas un truc de vieux briscards même si le coût inflationniste des places de concerts aurait tendance à nous faire croire le contraire. Ce soir, le porte-monnaie n'en prendra pas pour cher et c'est face à un Supersonic Records complet que Bleech 9:3 vont faire leur rentrée des classes. Le public est à 100% acquis à la cause des Irlandais et peu des neuf morceaux qui constitueront la petite setlist ne sera pas repris en chœur.

Avec des titres que nous avons déjà entendus et sur lesquels nous avons déjà joué des coudes dans les fosses, si ce n'est le dernier single du groupe tout juste paru, Figure 8, on remarque que les musiciens ont évolué. La présence charismatique de Barry Quinlan au micro et à la guitare se mue vers quelque chose de plus maitrisé, les regards et les poses semblent un peu plus étudiées pour mieux canaliser cette rage qu'il exprimait absolument sans aucune retenue précédemment. Le chant également se veut bien mieux posé, permettant aux fans de reprendre les paroles et aux moins érudits de mieux capter le brin de voix plutôt agréable de Barry quand il cesse de rugir.


Le répertoire très 90s de Bleech 9:3, entre refrains bileux et autres interludes plus entrainantes, rappelle pour les plus anciens l'époque où ce style fleurissait sur les radios FM alors encore dédiées au rock. On retrouve tout de même sur la fin du concert le mouvement dans la petite fosse qui manquait un peu sur les premiers morceaux, et alors que l'intensité ressentie nous fait sagement reculer petit à petit vers le fond, on laisse la place aux nombreux fans qui exultent, ce qui finalement ne fait que confirmer que tout n'est que question de cycles dans la musique.

Bleech 9:3 s'étant nourris du meilleur de nos jeunes années tout en le transformant en ce qui devient le meilleur des leurs, voilà de quoi aborder cette nouvelle saison de concerts avec le sourire aux lèvres et une nouvelle paire de protection auditives car, quel que soit l'âge, l'acouphène demeure notre pire ennemi.
setlist
    Jacky
    No Surprise
    Cannon Ball
    Underrated
    My System
    Figure 8
    Low Boy
    Tourniquet
    Ceiling
photos du concert
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