Pulp n'avaient plus donné de concert à Paris depuis 2012, après celui d'adieu, délivré cette année-là à l'Olympia. Et personnellement, je n'avais plus vu Pulp sur scène depuis l'été 1996, là aussi, à l'Olympia.
Trente ans c'est énorme, et il s'en passe des choses dans une vie, comme dans la vie d'un groupe. Et pourtant avec Pulp rien ne change : le concert du soir montre un groupe tout aussi bon qu'il ne l'était au sommet de sa gloire, de 93 à 96. Il y a certes des choses qui ont changé : les membres du groupe (hormis Jarvis Cocker) font plus papys anglais que rockstars glam, comme c'était le cas au début des 90's. Mais pour le reste, tout est pareil.
Et cette setlist, mon Dieu, est à tomber par terre. Le concert débute par les merveilleux
Sorted For E's & Wizz et
Disco 2000.
Spike Island et
Slow Jam, excellents titres du dernier album, montrent que Pulp ne sont pas revenus pour rien l'an dernier. Les versions de
Pink Glove et
Underwear sont quant à elles incroyables.

Vocalement, Jarvis Cocker n'a rien perdu de sa voix de crooner. Ses blagues sont toujours aussi drôles et son charisme intact. On vit un moment très fort et à l'écoute de ce concert on se rend compte que Pulp était sans doute le meilleur groupe que la vague Britpop ait engendré. Meilleur qu'Oasis, cela ne fait aucun doute, mais même meilleur que Blur. Il y avait (et il y a toujours) chez Pulp une beauté, une inventivité et une élégance qui en font un groupe à part.
Sunrise, seul titre du soir tiré de
We Love Life, est d'une beauté absolue avec des visuels magnifiques qui vous emmènent au paradis. Ainsi se termine le premier set qui a été une pure merveille. Et le second va être du même tonneau.
Après vingt minutes d'entracte, Pulp reviennent avec un merveilleux
Something Changed joué en acoustique alors que
Have You Seen Her Lately?, tiré du splendide
His 'N' Hers et voté par le public, est un autre très grand moment de cette soirée si spéciale. Jarvis Cocker nous envoûte sur les pépites que sont
O.U. (Gone, Gone) et
Acrylic Afternoons.
Do You Remember The First Time? et
Mis-Shapes font définitivement chavirer une salle en ébullition.

Et alors que l'on a déjà atteint le sublime depuis longtemps, Pulp nous achèvent avec des versions splendides de
Babies, She's A Lady et
Common People. Le concert se termine par
Don't You Want Me Anymore?, plus vieux morceau de la setlist du soir, tiré de
Separations, sorti en 1992 avant que le groupe ne connaisse le succès.
Un concert exceptionnel et d'une rare beauté. Il est impressionnant de constater qu'assister à un concert de Pulp en 2026 provoque le même émerveillement, la même excitation et la même joie qu'en 1993, 1994, 1995 ou 1996. Pulp sont éternels.