En ces temps tumultueux nous avons besoin d'un exutoire, de sortir de nos zones de confort, de balancer tous nos préjugés à la benne, de foutre de côté la grisaille du quotidien pour nous plonger dans la flamboyance et l'exubérance, du moins le temps d'un album. Pour cela, nous pouvons faire confiance aux écossais de Walt Disco qui, depuis 2023, prennent le parti d'une disco pop flamboyante, à l'image de celle qui dominait le monde à la toute fin des années 70. Une époque où l'on balourdait son costume trois pièces et son attaché case le vendredi soir pour se parer de ses plus beaux atours à base de strass, de plume et de rouge à lèvre rouge pétard pour se rendre dans les clubs, si tant est que l'on passait l'étape du sbire physionomiste à la porte.
Walt Disco étaient loin d'être nés à cette époque, on applaudit alors d'autant plus leur grande érudition et on apprécie qu'en lieu et place de simple copie, les membres du groupe ont intelligemment su mêler ces références à celles qui forgent leur propre époque. Leurs aventures continuent aujourd'hui avec leur troisième album tout simplement intitulé Walt Disco, un titre éponyme peut-être pour signaler qu'ils ont trouvé leur véritable identité ou du moins qu'ils la confirment une bonne fois pour toute.
Onze morceaux rutilants, qui allient parfaitement les notes synth-pop, les guitares glam et les cadences disco qui sont réellement faites pour nous mener loin dans la nuit sur les dancefloors. Cinq garçons queer (James Potter, Finlay McCarthy, Lewis Carmichael, Charlie Lock et Jack Martin) à la théâtralité étincelante, qui continuent de porter une parole forte sur l'acceptation de soi, tout cela sur une bande son aux mille éclats. Le chant de James, au timbre puissant de baryton, apporte au répertoire de Walt Disco tout sa grandiloquence, naviguant ainsi entre pop et opéra rock, les guitares sachant se faire imposantes comme plus apaisées entre chanson péplum et autres ballades plus douces.
C'est un peu un voyage dans le temps que nous proposent les Écossais : de titres glam (My Body Knows When To Run) à morceaux très synthétiques (Don't Do This Alone), en passant par un rock plus dépouillé et proche de ce que l'on entend actuellement (Lies, My Body's Still Mine), Walt Disco réunissent savamment plusieurs styles, plusieurs époques, nous rappelant qu'il ne faut surtout pas craindre de se mélanger, surtout à cette époque où l'hyper connexion et sa prétendue universalité n'est malheureusement qu'une façade pour beaucoup.
L'authenticité des musiciens, dissimulés derrière leur tenue à fanfreluches et leur maquillage que ne renierait pas notre regretté Dr Frank-N-Furter, est bien réelle et ce nouveau recueil n'a dès lors pas besoin d'un titre particulier pour le définir : Walt Disco incarnent en 2026 le renouveau disco pop dont notre discothèque et nos esprit déprimés ont bien besoin.