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Dragonflies

Dragonflies

Dragonflies - Dragonflies
Chronique Album
Date de sortie : 18.09.2026
Label : Dark Horse Records
35
Publié par Yann Guillo, le 14 septembre 2026
Composer un disque avec un des meilleurs producteurs de sa génération est toujours une bonne idée. Dhani Harrison, fils de vous-savez-qui, s'est allié à Nigel Godrich, son ami à la ville, pour créer un album assez original et réussi.

Dragonflies – le nom de leur groupe mais également de cet album éponyme – brille d'abord par la richesse et la profondeur de ses textures. Comme on pouvait s'y attendre, Nigel Godrich se livre ici ce qu'il sait faire de mieux : créer des sonorités modernes et puissantes couplées à des crépitements et bruissements analogiques. Dans sa production, ce Dragonflies rappelle souvent le Radiohead période OK Computer / Kid A. C'est dire.

Mais l'affaire ne s'arrête pas à une production en or massif. Dhani Harrison se révèle être un chanteur convaincant, à défaut d'avoir un timbre de voix inoubliable. Malgré sa lignée, il a surtout l'excellente idée de ne pas rechercher le patronage des Beatles. Les chansons de Dragonflies explorent les recoins d'atmosphères feutrées et luxuriantes. Le tout est enrobé par les arrangements de cordes de David Campbell, le père de Beck, et les percussions de Joey Waronker, tous deux des habitués du producteur anglais.


Slower, premier single placé en ouverture, est un morceau de pop soul et légèrement expérimentale, évoquant la trip-hop de la fin des 90s. Setting Sun et sa basse mordante est une des chansons les plus immédiates et réussies du lot. Heart Or Head, basse jazzy en avant, rappelle les explorations de The Smile (aussi produits par Nigel Godrich) voire la space soul de Michael Kiwanuka. Plus loin, The Weight s'avère une vraie réussite : le piano et la batterie se répondent sur une rythmique évoquant La Ritournelle de Sébastien Tellier.

Straight Line, qui rappelle quant à elle le Beck de Sea Change (produit encore par Nigel Godrich), séduit avant de s'étirer en longueur, tout juste st sauvée par des arrangements malins qui surgissent pour rehausser l'intérêt de l'auditeur. Presque pop, Ophelia brille par sa basse et un refrain immédiat. In Between et End of World, les deux dernières chansons de l'album, se fondent l'une à l'autre et sont les plus expérimentales de l'album. La première est une longue mélopée sur une rythmique mouvante et aqueuse, ses nuances se révélant peu à peu. La seconde est une ballade où la voix d'Harrison, tout en délicatesse, brille particulièrement.

Court, avec seulement huit titres au compteur, Dragonflies s'avère un régal pour les oreilles malgré quelques chansons un peu trop longues pour leur propre bien. Les morceaux atmosphériques de Dhani Harrison et Nigel Godrich brillent par leur richesse instrumentale et captivent par les territoires émotionnels qu'ils traversent. De sa pochette à son nom en passant par son contenu, l'album est en tous cas très cohérent, ses reflets sonores comme un lac rempli de nénuphars au-dessus duquel s'ébattent des libellules multicolores.
tracklisting
    01. Slower
  • 02. Setting Sun
  • 03. Straight Line
  • 04. Heart Or Head
  • 05. Ophelia
  • 06. The Weight
  • 07. In Between
  • 08. End Of World
titres conseillés
    Setting Sun, Straight Line, Heart Or Head
notes des lecteurs
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