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Penny Arcade

Interview publiée par Pierre-Arnaud Jonard le 16 septembre 2026

Double Exposure, le dernier album de Penny Arcade sorti il y a quelques mois est un formidable disque au style lo-fi. Proche dans l’esprit des albums de Syd Barrett cet opus montre toute l’étendue du talent de ce musicien en tournée dans l’Hexagone en cette rentrée à Marseille le 17 septembre, Volvic le 18, Bordeaux le 19 et Arthez-de-Béarn le 20. Entretien avec James Hoare.

Ce nouveau disque a un côté très épuré. Tu voulais faire un album dans un esprit lo-fi ?

D'une certaine manière. Je voulais faire un disque qui soit produit rapidement, comme on pouvait le faire dans le passé. J'avais envie d'un truc spontané. J'ai pensé qu'il n'était pas nécessaire de faire un disque dont le temps de production soit trop long.

Vous avez enregistré sur bandes à l'ancienne. On peut retravailler ça ensuite ?

Oui. Tu peux retravailler dessus mais c'est plus compliqué surtout lorsque comme pour ce disque nous enregistrions tous dans la même pièce. 3Il y a un côté Velvet Underground dans ce que tu fais. Tu aimes beaucoup ce groupe ? Le Velvet Underground est un groupe que j'ai toujours vénéré. Pareil avec les Rolling Stones, leur période avec Brian Jones. Je suis très fan de Beggars Banquet qui est un disque très sauvage. C'est presque punk dans l'esprit. Jumpin' Jack Flash est un morceau extraordinaire.

Tu as voulu faire un album qui soit du Syd Barrett moderne ?

On peut le voir comme ça, oui. On me compare souvent à lui et si l'album peut faire penser à Syd Barrett, même si ce n'était pas intentionnel, ça me fait plaisir.

Cet album est dans l'esprit de celui de ses disques avec ce côté très épuré...

Quand tu écoutes les albums de Syd Barrett tu as l'impression que cela a été enregistré dans une chambre. Cela donne à ses albums un grand charme. Je voulais créer quelque chose de similaire.

Le disque est court. Pour quelles raisons ?

J'avis envie de faire un disque qui, lorsqu'il s'arrête, donne envie à l'auditeur de le remettre sur la platine. J'aime beaucoup les Beach Boys des débuts avec des titres de deux minutes. J'adore le krautrock et ses longs morceaux mais le rock du début des années 60 avec ses morceaux de deux minutes et trente secondes m'attire énormément.

Tu vis désormais à Marseille. J'ai toujours pensé que la ville où l'on vit influence la musique que l'on produit. Marseille a influencé ce disque ?

J'ai fini l'album avant de déménager à Marseille. Je travaille actuellement sur de nouveaux morceaux. Ils seront peut-être influencés par la ville.

Tu habitais à la campagne en Angleterre. Ce disque possède ce côté campagnard...

C'est vrai. Je vivais à la campagne mais dans un coin où il se passe énormément de choses. Ce n'est pas une campagne morne. C'est une petite ville. Le côté cool de ce lieu est que je pouvais enregistrer tard dans la nuit sans que cela ne dérange personne.

Il y a des musiciens de ton précédent groupe The Proper Ornaments sur l'album. Vous êtes restés amis ?

Le groupe n'a pas splitté. L'idée est de refaire un album ensemble lorsque le feeling sera là.

Quand tu es arrivé à Marseille tu t'es connecté à la scène locale ?

Je n'en ai pas encore eu le temps car je suis arrivé il y a moins d'un an. Mais j'ai vu qu'il y avait de supers musiciens ici et des gens cool. Il y a le cliché Marseille ville rap mais c'est aussi une ville rock'n roll. J'aime beaucoup le disquaire Lollipop là-bas.

Comment t'es venu l'envie de t'installer à Marseille ?

Ma femme est française. Nous les musiciens anglais aimons beaucoup la France même si le rock est moins connu en France qu'en Angleterre. J'aime bien le côté un peu punk de Marseille. Paris est cool mais un peu trop « clean ».

Comment as-tu signé avec ce label allemand, Tapete Records ?

Il y avait des artistes que j'aimais beaucoup sur ce label. Ils n'ont pas seulement des projets indie mais aussi des trucs expérimentaux. Ils ressortent des groupes krautrock par exemple et j'adore ce genre musical. Et en plus ce sont des gens vraiment super.

Tu joueras à nouveau en France à la rentrée...

Oui je joue à Marseille, Volvic, Bordeaux puis Arthez-de-Béarn. C'est la deuxième partie de la tournée. Je vais aussi donner des concerts en Allemagne. Nous ne faisons pas de longues tournées car plusieurs membres du groupe ont des enfants et ne peuvent donc pas partir sur la route trop longtemps.