Je rencontre James Graham, chanteur de The Twilight Sad, deux heures avant qu'ils ne montent sur scène pour leur premier concert en tête d'affiche à Paris en sept ans. Leur dernier album, IT'S THE LONG GOODBYE, a été écrit sur plusieurs années alors qu'il faisait face à un burn out après des tournées à répétition et alors que sa mère était malade. Il fait beau, nous nous asseyons à la terrasse du Trabendo, et l'Écossais n'est pas mécontent de profiter un peu du soleil. Nous rentrons directement dans le vif du sujet : un album écrit avec les tripes et sans détour.
J'ai lu que l'album a été écrit sur plusieurs années, je suis toujours curieux de savoir quelles sont les chansons qui sont venues en premier, et lesquelles sont les plus récentes ?
[Il récite comme un automate] GET AWAY FROM IT ALL, ATTEMPT A CRASH LANDING - THEME, TV PEOPLE STILL THROWING TVS AT PEOPLE. Ces trois là datent de l'époque où je vivais encore à Glasgow. C'était même pendant la pandémie. Je vivais dans un appartement avec ma femme et mon fils qui venait de naître. Nous n'avions pas de jardin, et c'était vraiment, vraiment dur. Je me souviens de ce que ma mère traversait à cette époque. Ces chansons et ces émotions étaient les premières que j'ai laissées sortir face à ce qui se passait. Et puis il y en a eu d'autres que j'ai écrite après avoir déménagé dans le nord-est de l'Écosse. Je gérais encore plein de problèmes mentaux, mais pas aussi graves que lors de… disons, mon effondrement. Les chansons comme WAITING FOR THE PHONE CALL ou DESIGNED TO LOSE sont venues après ça, une fois que j'ai commencé à être capable de reprendre une activité. Il y a eu des périodes d'écriture différentes, entrecoupées de pauses, ce qui a permis à Andy de faire sa partie sur la musique. Et donc oui, ça a vraiment pris sept ans. Ces sept ans, ça documente différentes étapes, à la fois dans ma santé et celle de ma mère.
Avant cet album, tes paroles étaient très poétiques et cryptiques. Je me souviens que, dans une interview, tu as dit que tu ne voulais pas expliquer de quoi ça parlait. Mais sur cet album, tu es très ouvert sur tout. Comment ça va influencer ton écriture à l'avenir ?
C'est une bonne question. Je ne sais pas. J'essayais d'être mystérieux. A partir de maintenant, je vais juste faire sortir ce qui est en moi. Quand j'ai écrit ces chansons et que j'ai décidé que ça allait devenir un album, mon choix était fait d'être transparent à cause de tout ce qui se passait. Je voulais que ce soit entier, avec les sentiments, les moments les plus durs, ceux où il y a un peu d'espoir, tout, et même les défauts. Ce que j'ai vécu, d'autres gens l'ont vécu aussi et je ne voulais pas être mystérieux. Je voulais dire : moi aussi, je passe par là. Si toi tu passes par là, c'est une façon de tendre la main, je suppose. Franchement, je n'ai jamais eu une telle réaction à mes chansons. Des gens viennent me voir, me disent : « Ce que tu as écrit, c'est exactement ce que j'ai ressenti, et j'ai jamais réussi à l'exprimer ». C'est très touchant et gratifiant de savoir que tu as touché les gens de manière positive. Enfin, « positive », c'est un grand mot. C'est une expérience très humaine. Mon parcours est comme un voyage, ça fait vingt ans que le groupe existe. Je suis très fier de mon « moi » plus jeune, même s'il ne savait pas du tout ce qu'il foutait, il y avait déjà quelque chose. Maintenant, je suis super concentré sur le fait de savoir ce que c'est, de savoir qui je suis aussi. Avant, je me cherchais. Cet album m'a vraiment aidé à comprendre qui je suis, à me sentir un peu plus à l'aise dans le monde, parce qu'il y a des gens qui disent qu'ils s'identifient avec mon expérience, alors que je me sentais très isolé, ça me rendait fou.
Et maintenant, quel effet ça fait de jouer ces chansons en live devant un public ?
Comme c'est un nouveau line-up avec Simone et Cat, ça a soulagé un peu la pression émotionnelle. On s'est dit : « Bon, allez, on y va, on est dans le même bateau, on essaie de le faire ». Ça m'a aidé à m'éloigner de la réalité écrasante de ce dont parlent les chansons. J'essaie d'en profiter, et de les ressentir, sans les fuir et en les chantant plus naturellement sans avoir à penser à ce qui vient après le couplet. Et il y a des signes tous les jours que je fais le bon choix. Mais oui, c'est dur, et c'est normal que ce soit dur. Pour l'instant, tout va bien, je touche du bois.
Tu as mentionné les nouveaux membres du groupe. C'est le premier album depuis longtemps où c'était juste Andy et toi dans le groupe...
Techniquement, tous les albums ont toujours été l'œuvre de Andy et moi. J'écris les chansons avec Andy, sans aucune influence extérieure. Depuis le premier disque, c'est comme ça, et Andy produit tout. J'écris la chanson avec lui, et après il part créer les paysages sonores qu'il veut. Andy agissait un peu comme un chef d'orchestre avec les musiciens qui jouaient avec nous. C'était le même processus pour cet album, mais cette fois, on a fait en sorte que tout soit prêt avant d'entrer en studio… Enfin, Andy a fait en sorte que tout soit prêt. Nous avons donné les maquettes à Alex [ndlr : Alex Mackay, qui tourne avec Mogwai] et Jeansie [ndlr : David Jeans, qui joue avec Arab Strap], qui ont joué sur l'album. Et nous avons passé une semaine ou deux en salle de répétition, avant d'aller les enregistrer.
Je trouve le son de l'album particulièrement fort, j'ai l'impression de retrouver la puissance du son des concerts que vous avez donné dans des salles gigantesques en premier partie de The Cure. Comment avez-vous avez obtenu ce son en studio ?
C'est une bonne question pour Andy. On a joué dans toutes ces salles immenses avec The Cure. On les a regardés tous les soirs. On a vu que notre musique pouvait s'adapter à des salles de cette taille, que les gens aiment ou pas. On a aimé ce son puissant, remplir la pièce avec. Et je pense qu'inconsciemment, on a gardé ça en tête : on voulait faire un disque énorme. On savait que ça allait être un défi avec ces paroles. Mais ce sont des trucs de la vraie vie, donc au lieu de tout épurer et de faire un truc triste, c'était : « Non, c'était une foutue vague d'émotions, donc ça devait être une vague de son aussi ». Et Andy savait exactement où je voulais en venir avec les paroles. Quand j'ai reçu ses maquettes en retour, j'étais fan. En fait, je suis fan d'Andy. Je ne peux jouer de rien, mon boulot, c'est chanter et écrire les paroles. Quand il me renvoie des trucs et je suis soufflé par ce qu'il a fait tout seul ! J'aimerais le voir travailler avec d'autres gens, produire d'autres groupes.
Robert Smith vous a aidés sur quelques chansons. Comment ça fait de travailler avec une telle légende ?
C'est dingue ! Quand The Cure nous ont invités en tournée la première fois… J'étais un fan de The Cure comme les autres, un peu impressionné. Mais je pense que la raison pour laquelle on se comprend, c'est d'abord la musique. Il aime notre musique, et j'adore son groupe. Et depuis la première fois que nous nous sommes rencontrés et que nous avons passé du temps ensemble, nous parlons de musique. Il voulait juste parler à des gens qui sont dans des groupes et oublier tout le reste autour, ou même toutes les célébrités qui viennent à leurs concerts. Je trouve ça super qu'il soit toujours autant passionné, qu'après un concert il ait envie de discuter de comment ça s'était passé. Ça montre à quel point ce type aime la musique, créer de la musique, les autres musiciens, et en parler. Avec le temps, j'ai appris à oublier qu'il était le célèbre Robert Smith, genre : « Oh, c'est mon pote Robert, tu vois ? ». C'est chouette de le voir comme une personne, mais en plus, c'est un vrai génie. Ses conseils sont précieux, il ne dit jamais : « Fais ci, ou fais ça. » Il dit : « Essaie ça, vois comment ça marche. » Et bien sûr, à chaque fois, ça marche ! Il ne nous dit pas quoi faire, il nous pousse dans la direction pour qu'on trouve nous-mêmes. Il nous laisse beaucoup d'autonomie. Et quand on lui envoie plein de messages, il nous répond toujours EN MAJUSCULES.
Et est-ce que vous avez vécu un moment « rockstar » en tournée avec eux que tu puisses partager ?
Oui, il y a eu plein de trucs bizarres. Par exemple, à Helsinki, quand on est retourné dans la loge, il n'y avait personne, juste Tony Hawk. « Salut, Tony. Qu'est ce que tu fais en Finlande tout seul ? ». Les créateurs de South Park adorent Robert. Ils ont ouvert un resto dans le Colorado, un endroit complètement déjanté, nous y sommes allés après un concert, avec toute l'équipe et on se baladait dans ce resto avec Robert et les deux mecs de South Park. C'était hallucinant. Il y avait des plongeurs dans une sorte de crique au milieu du resto. Tu devrais voir, ça s'appelle Casa Bonita, si tu cherches… Bon, il y a eu plein de trucs, mais j'ai essayé de garder les pieds sur terre. Ce n'est pas un monde dans lequel j'aime m'aventurer, je veux être l'antithèse de ça. Je vis dans un petit village avec ma famille. Je pense qu'aucune rockstar n'est plus spéciale qu'une infirmière… Robert nous a montré qu'il aimait s'en éloigner en venant traîner avec nous. Je pense que tu peux te perdre dans ce monde très facilement. En fait, nous sommes juste une bande de potes qui fait de la musique.
Revenons à l'album. Vous avez sorti certains de vos albums précédents avec des remixes ou des versions acoustiques. Est-ce que vous allez faire ça avec IT'S THE LONG GOODBYE ?
Nous aimons bien faire ça, nous avons enregistré des versions acoustiques de certaines chansons, et plein de trucs sur Bandcamp où les fans peuvent payer ce qu'ils veulent parce que les temps sont durs et personne ne devrait choisir entre acheter de la musique ou de la nourriture. Nous avons encore plein de chansons écrites que je n'ai pas finies, ou qu'Andy n'a pas encore vraiment développées. Sur l'album il y a celles qui fonctionnaient bien ensemble mais il y en a probablement encore une dizaine, voire plus, issus de cette période d'écriture que Andy et moi aimerions encore développer. Nous avons commencé à en parler et je ne sais pas si ça se fera, mais pourquoi pas un album jumeau. Pas dans le même style, mais de la même période, ça aurait du sens. Et après ça, oui, avec Andy nous adorons faire appel à des gens extérieurs pour des remixes, c'est plus son truc à lui. Nous avons eu des remixes de gens incroyables, comme celui d'Andrew Weatherall [ndlr : notamment producteur de Screamadelica de Primal Scream], qui me marque toujours. C'est incroyable qu'il ait voulu faire ce remix.
On ne veut pas non plus se répéter. Si ça a du sens on peut le faire, mais pas juste pour vendre. Ça reste bizarre, de vendre un truc comme « Hé, venez acheter mon disque sur ma santé mentale et la mort de ma mère ! ». Tu vois ce que je veux dire ? Il s'est passé sept ans entre nos deux albums, nous prenons notre temps, et ça nous permet de durer. Beaucoup de groupes qui sortent un album doivent se presser pour le suivant, et après ils disparaissent vite. Le fait que nous soyons encore là, c'est à la fois un miracle et la preuve que Andy et moi aimons vraiment faire ça ensemble. Si ça ne nous apportait rien, il n'y aurait aucun intérêt à continuer. C'est super de jouer des concerts quand les gens viennent et tout, mais il faut que ça me fasse quelque chose à moi aussi. La seule chose que j'essaie de faire, c'est que ces 1h30 sur scène veuillent dire quelque chose, et pas juste débarquer quelque part pour chanter quelques chansons. Je suis loin de chez moi, loin de mes enfants. Rien ne pourrait m'éloigner d'eux, à part ça.
Vos versions acoustiques m'ont surprises parce que c'est à l'opposé de votre son très dense et électrique. Vous avez aussi fait quelques concerts très dépouillés fin 2024. Qu'est-ce qui vous pousse à faire ça ?
Pour ces concerts, je voulais voir si j'étais encore capable de jouer sur scène. C'est aussi pour montrer que nous écrivons de vraies chansons au-delà des paysages sonores que nous créons. Avec les versions acoustiques, épurées, tu le sens davantage. J'ai beaucoup appris au niveau de ma voix et de ma façon de performer. Je sens que je deviens un meilleur chanteur en faisant ça.
Comment avez vous choisi Cat Myers et Simone Marie Butler pour tourner avec vous?
Cat, on la connaît depuis des années. Elle était dans un groupe appelé Honeyblood, signé chez Fat Cat Records comme nous à l'époque. Quand Martin de Mogwai est tombé malade elle l'a remplacé. D'ailleurs Martin est là ce soir. On l'a vue jouer avec Texas et KT Tunstall. En Écosse, elle est connue comme l'une des meilleures batteuses, dans tout le Royaume-Uni en fait, et dans le monde ! Quand nous avons commencé à penser aux concerts, nous nous sommes dit que son énergie serait incroyable sur scène. Nous ne connaissions pas Simone, mais nous avons grandi en regardant Primal Scream, elle a été dans le groupe pendant treize ans, et quand nous l'avons approchée elle a dit oui. La première fois que je l'ai rencontrée, c'était en salle de répétition. Ça a été incroyable cette semaine avec elle, nous étions sur la même longueur d'ondes. Nous avons l'impression d'être au même point dans notre parcours musical. Ce sont de grandes professionnelles, nous avons dû monter d'un niveau pour elles. C'est un soulagement de partir en tournée avec des gens qui comprennent ce que nous faisons. Pas que les autres ne comprenaient pas, c'est juste que nous sommes dans une même phase de notre vie, C'est génial et excitant. Elles sont passionnées et elles demandent même des chansons à ajouter sur la setlist.
Justement, comment choisissez-vous les chansons que vous allez jouer ?
Nous savions que nous allions jouer une grande partie de l'album, il n'y a qu'un morceau que nous n'avons pas répété. Et puis les incontournables There's A Girl In The Corner, VTr, I/m Not Here [missing face]. Nous les avons tellement jouées que nous savons que que ce sont de bons morceaux live. Nous voulions aussi deux chansons du premier album, mais il y en a de huit minutes qui sont impossibles à caser dans un set de quatre-vingt-dix minutes. Pour cette tournée, nous allons jouer la même setlist. La setlist changera un peu plus à l'avenir, mais pour l'instant, c'est très axé sur l'album, et juste les morceaux auxquels les gens réagissent en concert. Si les gens avaient détesté IT'S THE LONG GOODBYE nous n'aurions joué que deux chansons de l'album. Mais la réception est vraiment excellente, ça n'aurait pas de sens de les ignorer. Il y a une chanson du deuxième album que nous n'avons pas souvent jouée, mais maintenant que Simone fait des chœurs, je me dis que nous pourrions essayer. Ça ouvre un nouveau champ de chansons que nous avions mises de côté.
J'ai une demande de la part de mon boss. Il aimerait entendre The Wrong Car ce soir...
C'est la chanson de huit minutes dont je parlais ! [rires] Nous la jouerons, mais pas sur cette tournée C'était aussi la préférée de Robert Smith. Il me disait : « Vous jouez The Wrong Car ce soir ? » [ndlr : il imite la voix de Robert Smith en rigolant]. Donc elle reviendra à un moment, mais pas maintenant, surtout cet été, nous n'aurons que quarante-cinq minutes. Désolé boss ! [NDLR: il se penche vers mon téléphone qui enregistre l'interview]
J'aimerais parler du visuel de la pochette. Dave Thomas travaille avec vous depuis le début, c'est un peu le troisième membre permanent du groupe, non ?
Oui, en quelque sorte. Il fait vraiment partie de l'équipe. Les visuels, c'est Dave et Andy aussi. Avant même que Dave ne reçoive la musique ou les paroles, ils ont un dossier partagé où Andy envoie des images et des œuvres d'art. Ils ont une vraie connexion. Dave a bossé pour Fat Cat Records à l'époque, c'est comme ça qu'on s'est découverts. Et Dave était à mon mariage, il fait partie de ma vie aussi. C'est une vraie amitié et une vraie relation de travail que j'apprécie énormément. Grâce à lui, nous avons une ligne directrice à travers toutes les pochettes. Pour celui-ci nous voulions marquer les esprits. Que ce soit en magasin ou en miniature sur Internet, tu ne peux pas la rater.
On pourrait imaginer qu'un jour il vous envoie une image et que vous écriviez à partir de ça ?
C'est une bonne idée. J'ai commencé à réfléchir à d'autres choses pour sortir de la méthode qu'Andy et moi avons développée. Ce n'est pas une formule magique, mais ça fonctionne. J'aimerais écrire pour quelqu'un d'autre avec Andy, que quelqu'un d'autre nous donne ses contraintes. Pas forcément pour The Twilight Sad, mais pour essayer autre chose. J'adorerais aussi écrire de la musique pour un film, et là, il y aurait des contraintes précises. J'aime bien cette idée de visuel, je vais mettre Dave au défi de dessiner quelque chose, et moi je ferai un truc super triste. [rires]
Avant que nous nous quittions, j'ai deux dernières questions. Quel est votre plan pour les cinq prochaines années ?
L'objectif, depuis le premier jour, c'était toujours de pouvoir continuer de faire de la musique. Mais maintenant, je veux voir jusqu'où je peux me pousser. Je ne parle pas de devenir plus connu, j'ai réalisé que je veux me pousser en tant que chanteur, en tant qu'auteur, et sur scène. Je veux que ce groupe puisse avoir tout ce qu'il veut et monter les concerts que nous voulons, parce que souvent financièrement, nous jouons avec une main attachée dans le dos. J'aimerais avoir des visuels sur scène par exemple. Mes enfants grandissent, et je voudrais leur montrer que tu peux essayer de réaliser tes rêves. C'est un truc super positif à montrer à mes enfants : croire en toi, peu importe si ça prend du temps. Donc je veux leur montrer que j'aime quelque chose, que je crois en quelque chose, et que je veux voir jusqu'où je peux aller avec. Nous avons envie de jouer, et je me sens en assez bonne santé pour le faire. J'avais vraiment la trouille pour cette tournée, je ne savais pas si j'allais y arriver, mais ça se passe super bien. Je n'ai pas bu une goutte d'alcool sur cette tournée, ça aide. Nous verrons comment l'album marche, si les gens veulent nous écouter.
Ma dernière question, n'est pas sur vous, mais sur For Marcy qui vous accompagne en Europe. Je n'ai rien trouvé sur eux...
Effectivement, ils n'ont pas encore sorti de musique, mais ils sont signés chez Bella Union. Ils sont plus jeunes que nous, et c'est leur première tournée. On nous les a recommandés, et nous avons adoré leurs démos. Et franchement, ça a été super de tourner avec eux. Ce sont les plus belles personnes que j'ai jamais rencontrées dans ma vie. J'ai de très grands espoirs pour eux. [NDLR: les portes se sont ouvertes, et le public commence à arriver] Je vais aller me cacher dans le noir, maintenant !