logo SOV

Florence Road

Interview publiée par Adonis Didier le 28 juillet 2026

Florence Road ? Mais c'est quoi Florence Road ? Les nouvelles stars de la pop-rock irlandaise mon bon monsieur. En tournée de showcases entre les festivals, le quatuor formé à Bray en banlieue de Dublin par la chanteuse Lily Aron, la guitariste Emma Brandon, la bassiste Ailbhe Barry et la batteuse Hannah Kelly nous accorde quelques minutes parisiennes alors que leurs affaires sont à Hambourg et qu'elles reviennent tout juste de Berlin. Une vie à cent à l'heure pour un groupe qui monte encore plus vite, et dans le tourbillon des bagages perdus des jeunes filles qui ont su rester drôles, avenantes et attachées à leurs racines irlandaises et aux choses simples de la vie.

Beaucoup de choses ont changé pour vous cette dernière année et demie. Vous avez signé chez Warner, vous voyagez dans le monde entier. Comment ça a bouleversé vos vies ?

Lily : C'est notre quotidien qui a été chamboulé. Evidemment, on voyage beaucoup plus, on joue plus. On a joué un nombre invraisemblable de concerts l'an dernier, on a beaucoup grandi en tant que musiciennes, en tant que groupe. On est devenues bien meilleures. Pour être honnête, toute notre vie a changé depuis qu'on a commencé ce groupe ! (rires)

Parce qu'avant vous étiez étudiantes, vous aviez un autre travail ?

Lily : Etudiante, ouais...
Hannah : On a travaillé dans un café aussi ensemble. Très différent de maintenant.

Et donc vous avez tout lâché ou vous avez fini ?

Lily : J'ai tout lâché oui ! Je ne faisais pas grand-chose pour être honnête. Vous aviez fini vous ?
Emma : Non, on n'a jamais eu nos diplômes. Donc quelque part j'étais là, on se concentre sur le groupe, et on voit jusqu'où on peut aller avec ça !

Vous avez le sentiment que des fois ça va trop vite ? Ou trop lentement ?

Lily : Non, je pense que ça va vite, mais ça me semble être le bon rythme. Les dernières vingt-quatre heures ont été folles, mais sinon ça va. Ça s'accélère progressivement, mais c'est surtout très excitant.

Vous avez explosé grâce à TikTok et aux réseaux sociaux. Vous avez changé quelque chose dans votre communication depuis que vous êtes professionnelles ?

Lily : Non, on a commencé en voulant juste s'amuser, et c'est ce que les gens veulent voir. Donc on continue comme ça, parce que le public voit bien si on s'amuse, si ça nous fait plaisir ou si on se force. C'est un outil incroyable pour toucher le plus large public possible avec notre musique, mais ça ne marchera que si ça nous amuse et que ça amuse les gens.

J'avais une question sur la conversion des followers en personnes qui viennent au concert et qui achètent des disques, mais à Paris vous avez dû changer de salle pour agrandir la dernière fois, donc ça va !

Hannah : C'est trop bien que ça se passe comme ça ! Parfois on peut se demander si tout ce qui se passe sur les réseaux va se traduire dans la vie réelle. C'est très rassurant pour nous de voir l'engouement des gens pendant les tournées.

Vous voyagez partout dans le monde, c'est quoi que vous préférez dans tout ça ?

Hannah : De voir autant de pays c'est incroyable en soi. Je parle pour moi, mais je n'aurais pas pu voir la moitié des pays qu'on a visité, et je suis gentille, sans le groupe. On est allées en Australie l'an dernier, en Amérique, c'est juste fou. On a beaucoup, beaucoup de chance, on s'en rend compte.

Vous avez des gens qui vous aident avec la langue locale, ou vous potassez le français et l'espagnol dans l'avion ?

Lily : Hannah est plutôt douée pour faire marcher les choses, se faire comprendre.
Hannah : Si je peux commander un café, je suis heureuse. Mais sinon je suis un très mauvais guide touristique, j'ai juste Google Translate et mes rêves ! (rires)

Et le pire dans cette vie de voyage ? Vous allez le droit de dire hier !

Lily : Honnêtement, oui, les vols annulés, retardés, les bagages portés disparus. Perdre mes bagages c'est qui me stresse le plus. Nos guitares sont à Hambourg en ce moment, c'est pas terrible. Mais au moins on sait où elles sont. C'est juste flippant de ne pas savoir où sont tes affaires et si quelqu'un va les retrouver.
Hannah : En deux ans, on a plutôt bien perfectionné l'art du voyage en groupe, mais ce genre de trucs est complètement hors de notre contrôle. C'est la pire partie, s'asseoir quatre heures et juste attendre sans pouvoir rien y faire en espérant une bonne nouvelle.

Je note que le pire dans les voyages c'est British Airways donc ! (rires) C'est drôle d'ailleurs, quand je vous ai découvertes pour la première fois, c‘était à Hambourg pour le Reeperbahn !

Hannah : On était tellement jetlaguées ! On revenait d'où ? Los Angeles, non ?
Emma : On est montées sur scène et on était là, « il est une heure de l'après-midi ou dix heures du soir !? ». C'était une expérience.

Vous venez d'annoncer une nouvelle tournée irlandaise (ndlr : complète le jour même, sauf Belfast). Maintenant que vous voyagez partout dans le monde, ça représente quoi pour vous l'Irlande ?

Lily : C'est incroyablement spécial. C'est encore plus spécial maintenant qu'on passe de plus en plus de temps loin de chez nous. A chaque fois qu'on y retourne, c'est magique. J'adore être à la maison, marcher dans la campagne, être au bord de la mer. Comme on dit l'absence fait battre le cœur plus fort (ndlr : « absence makes the heart grow fonder »).
Hannah : Et les concerts sont phénoménaux. On joue à domicile.

Vous trouvez le public irlandais encore plus à fond ?

Lily : Oui. De jouer dans ton pays natal, ce sera toujours un peu différent, souvent un peu plus fort.
Emma : Et nos familles peuvent venir aussi ! Par exemple, pour notre plus gros concert à Dublin, on n'avait pas pu passer vraiment du temps avec nos familles depuis trois mois. Donc c'était trop bien que tout le monde soit là et s'amuse avec nous.
Hannah : J'étais sur scène en mode « Salut maman ! C'est moi ! ».

D'ailleurs j'ai trouvé très mignon que vous ayez sorti Hanging Out To Dry en version lonely et Dublin. Comme si Dublin était l'inverse de lonely ! (rires) Et sinon, vu tous les groupes avec qui vous avez tourné, s'il y a un conseil qu'ils vous ont donné que vous devriez retenir, ce serait lequel ?

Lily : Je pense que ce serait « garde les pieds sur terre autant que possible et amuse-toi ! ». Et dans un sens, rester proche dans le groupe, discuter, s'assurer qu'on est tous sur la même page, ce qui est le plus important quand tout devient fou et qu'on court partout !

Ne pas prendre la grosse tête, et ne pas fumer de la beuh dans le tour bus aussi ?

Lily : Oui, clairement ça aussi !

J'ai lu que vous aimez bien faire du crochet entre les concerts, ce genre de choses...

Hannah : On est très calmes après un concert !
Lily : J'aime me poser et débriefer tranquillement dans ma tête.

Dernière question. Qui a eu l'idée du tin-na-nin pour commencer Goodnight ?

Lily : C'était dans la démo. Littéralement, on a enregistré le chant pour la démo et j'ai fait ce truc. On l'a gardé et ça a terminé dans la prise finale. Je pensais pas que ça finirait sur la chanson et sur l'EP quand j'ai fait ça, c'était un truc au pif dans le moment, on s'amusait. Et maintenant c'est devenu un truc hilarant qu'on fait à chaque concert !

Je ne pourrais plus écouter cette chanson sans ça !

Lily : Je sais ! Ça ferait un vide. Et puis c'est trop drôle à chanter !