Chronique Album
Date de sortie : 18.09.2026
Label : V2 Records
Publié par
Juliette Ritoux, le 16 septembre 2026
Il y a quelque chose d'assez rassurant chez Blood Red Shoes. Depuis Brighton, Laura-Mary Carter et Steven Ansell ont passé plus de vingt ans à faire exactement ce qu'ils savent faire : du rock à deux, avec une guitare, une batterie, deux voix et suffisamment de bruit pour donner l'impression qu'ils sont au moins six. Quatre ans après GHOSTS ON TAPE, le duo revient avec Stay Lonely, un dixième album qui sortira le 18 septembre chez V2 Records. Et à la première écoute, le titre lui-même semble donner une bonne piste : derrière les guitares et les batteries qui cognent, Blood Red Shoes s'intéresse cette fois assez frontalement à cette drôle de solitude qui accompagne une vie passée à deux, ensemble, dans un groupe.
Le disque a été entièrement fabriqué par Laura-Mary Carter et Steven Ansell : écriture, production, enregistrement et mixage. Pas de producteur extérieur pour venir lisser les angles, pas d'A&R pour expliquer où il faudrait aller. Juste eux deux, comme depuis 2004. Et c'est peut-être ça qui frappe le plus : Blood Red Shoes n'ont toujours pas besoin de beaucoup de monde pour faire des sonorités aussi mélodiques. Stay Lonely dure à peine trente et une minutes. Dix morceaux, dont Start To End, Get Back Into Myself, Don't Say A Word, Screams, Two Weeks, 2020 On TV ou encore Fire On Water.
Et ça commence fort, ambiance synthé pop rock époque Gossip Girl, skinny jeans, liner noir sous les yeux et totale insouciance. Je n'ai jamais été la plus grande fan de ce genre de rock pour être tout à fait honnête. Mais il fait du bien et c'est ce que je ressens à l'écoute de l'album : des gens heureux de jouer ensemble depuis vingt ans. Aucune grosse surprise hormis Start To End qui diffère des autres, mais le reste de l'album est plutôt homogène. Parfois une douce nostalgie s'empare des guitares comme sur Two Weeks mais la mélodie se radoucit vite sur le refrain. Elle ferait une très bonne musique de comédie romantique feel good pour un dimanche soir pluvieux. Screams fait penser énormément aux Dandy Warhols (que j'adore sincèrement) avec son rythme/riff très Bohemian Like You. Pour finir dans mes petits coup de coeur, Get Back Into Myself a des notes de synthé un peu lo fi propre aux années 2005/2010 et surtout une mélodie qui reste bien en tête.
En résumé, cet album ne m'a pas transcendé mais il aurait eu sa place dans les soirées à New York ou Londres d'il y a vingt ans. Au lieu de me faire danser, il m'a plutôt rendu presque mélancolique. Comme si le temps était passé bien trop vite, et que cette insouciance de cette époque là était déjà morte. Celle des iPods nano ou des CD, quand les groupes n'avaient pas à être créateurs de contenus TikTok pour réussir alors qu'avec un garage, son meilleur pote, des amplis, une guitare, un synthé et une batterie, on peut très bien faire de la très bonne musique.