Si vous n'étiez pas nés en 1989, année de sortie du cultissime
Disintegration, du cultissime groupe The Cure, vous vous demandez peut-être comment rentrer dans la discographie de ce groupe riche de treize albums, et comment se préparer aux deux heures et trente minutes de concert prévues à Rock en Seine. The Cure est à la fois un groupe de live, et un groupe d’album.
Pour entrer dans leur univers, et peut-être succomber au culte, il faut passer par ces deux étapes. Toujours prêt à aider une âme à la recherche de l’illumination, Sound Of Violence vous proposent deux voies :
- les 10 titres à connaître avant Rock en Seine
- les albums incontournables
Les 10 titres à connaître avant Rock en Seine
Robert Smith, le leader de The Cure, a vécu une expérience terrible durant son adolescence. En 1978, il va voir voir David Bowie en concert à Earl's Court à Londres. Pour cela il doit casser sa tirelire et faire le trajet depuis Crawley (compter entre 1h30 et 2h de trajet dans chaque sens). Le concert dure quarante-deux minutes, et Robert trouve cela profondément décevant. Le jeune chanteur décide qu’un artiste doit respecter ses fans, et c’est pour cette raison que les concerts de The Cure, sont longs, intenses et pleins de surprises.
D’après ce que nous avons vu de la tournée actuelle, le concert devrait se passer en deux parties : un set principal, et un long rappel avec les titres les plus "pop" du groupe. Je prends ici le parti de choisir 10 morceaux parmi ceux du set principal, ceux du rappel étant plus connus. Ces chansons couvrent des styles et des époques suffisamment variées pour vous donner une bonne idée du talent du groupe, et avec un peu de chance vous donner envie d’en découvrir davantage :
A Forest
Play For Today
The Walk
A Night Like This
In Between Days
Just Like Heaven
Pictures Of You
From The Edge Of The Deep Green Sea
Burn
Endsong
Quels albums de The Cure écouter ?
The Cure n’est pas un groupe à tubes, ou qui se picore. Pour vraiment rentrer dans leur musique, il faut s'immerger dans leurs albums. Alors voici une discographie commentée, sans les nombreux détails de l’histoire, mais Sound of Violence en a chroniqué une bonne partie, Wikipédia fera l’affaire pour le reste.
J’ai réparti les quatorze albums studio, plus une compilation de singles, en 3 groupes : ceux considérés incontournables, ceux que vous pourrez écouter dans un second temps et, enfin, ceux réservés aux personnes qui veulent vraiment tout écouter.
Les incontournables
Seventeen Seconds (avril 1980)
Faith (avril 1981)
Pornography (mai 1982)
The Head on the Door (août 1985 )
Disintegration (mai 1989)
Songs Of A Lost World (novembre 2024)
Pour aller plus loin
Three Imaginary Boys (mai 1979)
Japanese Whispers (décembre 1983)
The Top (mai 1984)
Kiss Me Kiss Me Kiss Me (mai 1987)
Wish (avril 1992)
Pour les complétistes
Wild Mood Swing (mai 1996)
Bloodflowers (Février 2000)
The Cure (juin 2004)
4:13 Dream (août 2008)
Three Imaginary Boys (mai 1979 - Pour aller plus loin)
C’est le premier album d’un groupe qui se cherche mais qui a déjà quelque chose d’unique. Le son est rugueux, on y trouve une reprise de Jimi Hendrix et des titres iconiques (
10.15, Fire In Cairo, Three Imaginary Boys).
Seventeen Seconds (avril 1980 - Les incontournables)
Premier album enregistré avec Simon Gallup, second pilier du groupe, à la basse. The Cure ont trouvé une direction artistique, l’ambiance est plus sombre, les guitares tranchantes, et la rythmique glaciale. C’est l’album de
A Forest et
Play For Today.
Faith (avril 1981 - Les incontournables)
Sur ce disque sorti tout juste un an plus tard, le groupe s’est resserré autour d’un trio Smith-Gallup-Tolhurst. La musique suinte la mélancolie, le son devient plus sombre et la basse plus présente. Le titre éponyme est une merveille, mais avec son ambiance pesante et ses huit minutes, il n’est pas toujours facile de le caser dans une setlist. Comme tous les chats, la pochette est grise.
Pornography (mai 1982 - Les incontournables)
Trois albums en trois ans, et des centaines de concerts ont moralement épuisé le groupe, mais pas sa créativité.
Pornography clôt une trilogie qui est montée graduellement en noirceur, l’album dégouline de mal être et de mélancolie, l'œuvre gothique sublime et parfaite. Cet album aurait pu avoir raison du groupe, mais Robert Smith n'étant pas rancunier, c’est aussi son préféré.
Japanese Whispers (décembre 1983 - Pour aller plus loin)
C’est une collection de singles qui ne figurent sur aucun album. Simon Gallup est parti, brouillé avec Robert Smith qui reste seul avec Lol Tolhurst. Au bord de l’autodestruction, le duo sort des titres qu’il trouve ultra pop (
Lovecats, Let’s Go To Bed). Un ovni dans la discographie du groupe, de n’importe quel groupe d’ailleurs.
The Top (mai 1984 - Pour aller plus loin)
The Cure ont survécu à sa première crise existentielle, mais les démons rôdent et se nourrissent d’alcool et de drogues. Par chance, l’instinct de survie est plus fort. Robert Smith et sa troupe devenue quintet écrivent un long cauchemar psychédélique.
The Head On The Door (août 1985 - Les incontournables)
Simon et Robert, redevenus amis, écrivent un album culte où l’on retrouve
Close To Me,
A Night Like This, In Between Days... Dans ce climat apaisé, le groupe devient plus audacieux tout en gardant une ligne créative claire.
Kiss Me Kiss Me Kiss Me (mai 1987 - Pour aller plus loin)
C’est à ce moment là que les premiers symptômes du déclin apparaissent : production moins personnelle, album beaucoup trop long avec du très bon (
Just Like Heaven,
If Only Tonight...), du mauvais (
The Catch) et des titres incongrus qui deviendront pourtant iconiques (
Why Can’t I Be You).
Disintegration (mai 1989 - Les incontournables)
Robert Smith était persuadé que ce serait le dernier album de The Cure avant qu’il n’entame une carrière solo. Ça aurait été une fin en apothéose avec un album magistral pour clôturer les années 80. Romantique et sombre sans être aussi morbide que
Pornography, c’est le plus gros succès commercial du groupe avec quatre millions d’exemplaires vendus.
Wish (avril 1992 - Pour aller plus loin)
Les symptômes apparus sur
Kiss Me Kiss Me Kiss Me s'aggravent. La production ne rend pas justice aux titres qui sonnent bien mieux en concert, les morceaux s’éternisent au-delà de cinq minutes pour la plupart et on y trouve du bon et du mauvais, ainsi que
Friday I’m In Love qui fait grincer les dents (de vampire) de nombreux fans.
Wild Mood Swing (mai 1996 - pour les complétistes)
Les années 90 sont dures pour The Cure, devenu un groupe un peu ringard dans l’angleterre de la Britpop. L’album part dans tous les sens, le mal est là, c’est une version ratée de
Kiss Me Kiss Me Kiss Me. Alors que les fans attendent un nouveau
Disintegration, ils ont la décomposition du groupe.
Bloodflowers (Février 2000 - pour les complétistes)
Retour à une ligne obscure dont le groupe ne cherchera désormais plus à sortir. Cet album a été joué à Berlin et Bruxelles dans des concerts Trilogy avec l’intégralité de
Pornography et de
Disintegration. Il n’est malheureusement pas aussi inspiré et les morceaux s’étirent douloureusement.
The Cure (Juin 2004 - pour les complétistes)
Toujours à la recherche de son mojo, le groupe sort son premier album éponyme après plus de 25 ans de carrière. Il manque de naturel et, avec le recul, je dirais même de sincérité. Le résultat n’est pas horrible, mais on attend mieux.
4:13 Dream (août 2008 - pour les complétistes)
Robert Smith a rappelé Porl Thompson, ami d’enfance qui a déjà fait partie du groupe entre 1984 et 1993, pour retrouver un peu de son ADN. Et il y parvient plutôt bien, l’album est intéressant, mais pas assez pour émerger dans une discographie si riche.
Songs Of A Lost World (novembre 2024 - Les incontournables)
Arrivé au bout de cette discographie, il est peut-être temps de prendre le train en marche ! Annoncé et attendu depuis des années,
Songs Of A Lost World est le premier grand disque de The Cure depuis
Disintegration ! Sombre, mélancolique, électrique, il a tous les éléments d’un album de The Cure, mais cette fois-ci le poids des années est devenu la force de la sagesse. Ceux qui ne connaissent pas encore bien The Cure ont chance de pouvoir prendre l'histoire en marche alors qu’elle se déroule.
Les effets suivants ont été rapportés après une exposition prolongée à The Cure :
Fréquent : noircissement spontané de la garde-robe.
Fréquent : besoin irrépressible de contempler la pluie en regardant par la fenêtre.
Peu fréquent : apparition inexpliquée de khôl sous les yeux.
Rare : noircissement progressif des lèvres.
Très rare : cheveux se dressant sur la tête sans cause électrostatique identifiable.
Fréquence indéterminée : conviction soudaine que le noir est une couleur joyeuse.
En cas de persistance des symptômes, il est déconseillé de consulter : relancez simplement Pornography, Disintegration ou Songs Of A Lost World.