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(Re)Découvrez Gilla Band

Dossier réalisé par Franck Narquin le 14 septembre 2026

Gilla Band s’apprêtent à sortir le 25 septembre leur quatrième album, Pugnello, chez Rough Trade Records. Une occasion rêvée de se replonger dans leur discographie, mais aussi dans celle de Daniel Fox, bassiste du groupe devenu producteur incontournable, et de faire un tour d’horizon des formations évoluant dans leur sillage. Car si leur succès demeure encore limité, Gilla Band restent l’un des groupes les plus influents de la scène noise irlandaise actuelle.


Les trois premiers albums de Gilla Band (précédemment Girl Band)
Holding Hands With Jamie (2015)
Un premier album no wave où la cacophonie parfaitement maîtrisée, les guitares dissonantes, une basse addictive et la batterie dévastatrice accompagnent la voix torturée et immédiatement reconnaissable de Dara Kiely.

The Talkies (2019)
Une œuvre complexe, mouvante et cathartique, qui semble presque accessible avant de révéler à chaque écoute de nouvelles étrangetés, tandis que Dara Kiely met plus ouvertement en musique ses démons et ses émotions.

Most Normal (2022)
Une nouvelle tornade sonore, physique et exigeante, où quelques accalmies pop ne font que mieux préparer les déflagrations bruitistes d'un groupe toujours aussi singulier, quelque part entre The Fall et Throbbing Gristle.


Quelques disques produits par Daniel Fox (bassiste)
SPRINTS - Letter To Self (2024) et All That Is Over (2025)
Daniel Fox a produit les deux premiers albums de SPRINTS, du grunge punkish et noisy de Letter To Self au noise rock plus ample de All That Is Over, où le mécanicien sonore de Gilla Band accompagne le groupe dans un registre allant du plus calme au plus violent.

Mandy, Indiana - URGH (2026)
Daniel Fox marche dans les pas de Steve Albini sur cet album au son rugueux, à la production à l’os et sans complaisance. URGH pousse tous les curseurs à fond dans un déluge d’électro-noise aussi violent que ludique.

Man/Woman/Chainsaw - Eazy Peazy (EP, 2024)
Avec Daniel Fox comme label de qualité supplémentaire, Man/Woman/Chainsaw déploient un son dantesque, faisant surgir mélodies et envolées symphoniques d’un chaos parfaitement maîtrisé jusqu’au déluge de symphonies saturées final.

Nerves - Glórach (2024) et Iarmhaireacht (2025)
Avec Glórach et Iarmhaireacht, Nerves poursuivent leur collaboration avec Daniel Fox et passent d’un noise-punk d’une prodigieuse lourdeur à un son toujours aussi radical mais plus affirmé. De la brutalité au brutalisme, toujours le même béton sonore mais coulé avec une précision d’architecte.

Makeshift Art Bar – Marionette (2026)
Aux manettes de ce second EP plus électronique, Dany voit rouge et réussit à bâtir un son irlandais identifiable entre mille : guitares rugissantes, basse grondante, rythmes infernaux et incursions indus et techno-punk, dans une atmosphère aussi claustrophobe que libératrice.

Lambrini Girls - Who Let the Dogs Out (2025)
Sous la houlette du pape du noise-rock, Lambrini Girls font évoluer leur riot-punk primaire vers une stupid bitch music plus produite, puissante et grave, mélangeant noise-punk, post-punk et même dub-électro-noise.


La scène noise irlandaise dans le sillage de Gilla Band
The Null Club - The Null Club EP (2025)
Side-project d’Alan Duggan-Borges, guitariste de Gilla Band, The Null Club s’aventure du côté de l’électro poisseuse et répétitive avec des membres de Mandy, Indiana et The Horrors. Notre chroniqueur sombrait dans un « ennui poli », mais on peut aussi y voir l’un des EP les plus radicaux et aventureux de ces dernières années.

YARD - YARD EP (2025)
Trio electro punk dublinois, YARD défonce la porte avec un mélange aussi précis qu’instinctif de techno industrielle, noise-post-punk et euphorie synthétique, transformant ce premier EP en uppercut salvateur où la musique pense, danse et dérange.

Gurriers - Come And See (2024)
Avec Come And See, les Dublinois de Gurriers livrent un premier album fiévreux et viscéral, mêlant post-punk, noise et fulgurances shoegaze dans un chaos organisé, porté par des guitares tonitruantes et une urgence qui ne retombe quasiment jamais. Pour en rédiger la chronique, nous avions même rencontré le dieu du rock UK© en personne.

Chalk - Crystalpunk (2026)
Avec Crystalpunk, les Belfastois de Chalk brouillent encore les pistes de leur Berghain-rock-techno-punk, entre intensité punk et vulnérabilité, tapage métallique et sons cristallins, avant de nous inviter à simplement nous perdre dans la rave party Crystalpunk.